Category: Livres,Romans et littérature,Littérature anglaise

Le tigre blanc Details

Confession d'un intouchable qui a réussit l'impensable.Dans les " Ténèbres ", vaste région au cœur d'une Inde miséreuse et violente, chacun sait que la Shining India ne brille pas pour tous ! Balram Halwai, surnommé le "tigre blanc" pour son intelligence hors norme, est pourtant décidé à conquérir sa place au soleil. Immoral et cynique, il ne reculera devant aucun moyen, quitte à y perdre son âme... Un premier roman couronné par le Booker Prize en 2008." Loué, vraiment, soit ce petit chef-d'œuvre... "Philippe Trétiack - ElleTraduit de l'anglais (Inde)par Annick Le Goyat

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Inde. Tributaire d'un passé encore bien ancré dans les moeurs (castes, religion...) et qui a beau afficher un modernisme finalement tout aussi putride que les eaux du Gange. Sa démocratie représentative qu'on imaginerait être zone de Lumière, rejoint en fait les Ténèbres, tant y règne, quasi à tous les échelons du pouvoir et même dans les partis d'opposition, la corruption. Les serviettes de cuir rouge circulent : les possédants, en raison de services rendus et d'une fortune souvent mal acquise, arrosent ministres et chefs de cabinet. A ce jeu, le Grand Socialiste se montre des plus avides. Ce qui lui permet de truquer les élections, de se maintenir au pouvoir.Le héros, Balram Halwai, de la basse classe des confiseurs, se raconte sous forme de lettre au Premier ministre chinois, Wen Jiabao, en visite à Bangalore. Et il précise d'entrée de jeu que Pékin est la capitale d'une nation éprise de liberté. Ironie, fausse naïveté ravageuses. Le ton est donné.Le tigre blanc, surnom donné à Balram par un de ses professeurs en raison de son intelligence, doit néanmoins interrompre sa scolarité pour travailler. Sa mère décède et connaît le sort des pauvres : cadavre à demi incinéré sur les bords du Gange et jeté dans les eaux noires, polluées du fleuve. Description au scalpel, mais qui colle à la réalité.Ténèbres. Le père de Balram? Conducteur de rickshaw, bouffé par sa mère Kusum, patriarche du clan que Balram aura pareillement à affronter, par ses soeurs et leurs enfants. Il finira usé, crachant le sang, tuberculeux, privé de soins bien que s'étant rendu à l'Hôpital gratuit de Lohia, inauguré par...le Grand Socialiste, toujours habitué des combines.Le tigre blanc quitte le tea-shop de son village. Il est embauché à Delhi comme chauffeur de M. Ashok et de son épouse américaine Pinky Madam. Fin des Ténèbres? Non pas, car c'est partout la Cage à poules. Ashok, riche industriel dont la fortune s'est créée autour de l'exploitation de charbonnages (symbolique du Noir?) est entièrement dépendant du Grand Socialiste, de ses ministres, d'un régime qui le broie. Son épouse fantasque le quitte, au soulagement de la famille (hors caste!). Il fréquente les prostituées, se saoule,renoue avec un un amour de jeunesse. Il n'est pas heureux. Il navigue dans une nuit sans étoile.Envers Balram, son serviteur et esclave,il a une conduite ambiguë, faite de mépris, d'exploitation sordide (il lui fait notamment endosser la mort accidentelle d'un enfant, prélève sur ses gages, le confine, le soir venu, dans les caves puantes de son immeuble...). Paradoxalement, il a des moments de générosité - néanmoins toujours fort calculés. Et Balram lui-même, comme ses autres compagnons (sic) conducteurs de voitures, n'échappe pas à cette part nocturne qui l'habite et dont il espère malgré tout se débarrasser.Ashok, Balram : Lumière et Ténèbres confondues. Et si le tigre blanc franchit les frontières de l'impensable, ce ne sera pas sans en avoir payé le prix.

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